Institut de la Langue Savoyarde

– le francoprovençal de Savoie –

Commentaires en réponse à l’article « Le Francoprovençal n’est pas l’Arpitan »

Archive de tous les commentaires publiés entre mai 2016 et juin 2017.

Synthèse des commentaires publiés sur le site ILS.

L’article intitulé :  Le francoprovençal n’est pas l’arpitan, publié sur le site : Langue-savoyarde.com a suscité de nombreux commentaires.

Chacun d’eux a reçu une réponse particulière que l’on peut lire en archive, mais comme leur nombre dépasse nettement, en volume, les dimensions de l’article lui-même, une synthèse de leur contenu n’est pas inutile.

Il y a des critiques favorables et d’autres, plus nombreuses, qui ne le sont pas, comme si la contestation était plus stimulante que l’approbation.

– I : Les critiques défavorables :

Critiques ad hominem :

Des critiques « ad hominem » ne concernent pas la langue à proprement parler, mais l’auteur de l’article. Comme le bonhomme n’est pas le sujet qui importe, que ces critiques ne sont pas justifiées, je n’en parlerai pas.

Une cependant : Je proteste auprès du Monsieur qui nous accuse de « dénigrer » l’ORB et de prendre M. Stich pour un « hurluberlu ». Nous n’avons pas « dénigré » l’ORB, même si nous ne l’avons pas adoptée et M. Stich, que nous connaissons bien, a toute notre considération !

Le nom de la langue serait indifférent.

Quelques intervenants mécontents du mot « francoprovençal » proposent des termes divers : Romand, savoyard, savoisien, savoyard romand, Arpitan de Savière, arpitan, arpitan de Bonneval, le burgondien, le Rhodanien-Alpin… Nous pourrions changer de noms à volonté et « Quel est le problème ? » demande l’un d’eux. Le problème est que si nous donnons toutes sortes de noms à notre langue, elle n’en a plus. C’est un problème d’identité.

Changer de nom n’aurait pas d’importance.

La critique la plus fréquente consiste à nous dire qu’il est inutile de faire une guéguerre des mots et qu’il vaudrait mieux accepter de changer de nom !…

Si le changement de notre nom n’a pas d’importance, pourquoi les opposants au « francoprovençal » tiennent-ils tant à en changer ? C’est bien que le nom représente quelque chose. Cette critique ne dénote-t-elle pas une certaine mauvaise foi ?

Conserver le terme : « francoprovençal », créerait une division entre les patoisants.

Les défenseurs du mot « francoprovençal » seraient cause d’une division !

Qu’on ne nous reproche pas ce qui est de la responsabilité des autres ! Nous nous reconnaissons dans le terme « francoprovençal » depuis 150 ans ! Ce sont ceux qui veulent s’en séparer qui créent une division. Cette volonté de changement n’est pas de notre fait !

Le terme « francoprovençal » créerait une confusion.

Le terme « francoprovençal » pouvait autrefois créer une confusion en effet. Mais actuellement le risque est pratiquement nul, car ce nom est adopté par tous les pays et il est reconnu par tous. Changer de nom créerait à nouveau une confusion, surtout que le mot « arpitan » se confond étrangement avec « occitan » et interprété comme « la langue des Alpes », il ne signifie plus rien.

Un grand nombre de locuteurs auraient déjà adopté un autre nom.

Un grand nombre de gens auraient adopté déjà le mot « arpitan ». L’enquête Fora, faite à partir de 1000 questionnaires, a bien montré qu’il n’en est rien. De plus, un « Dauphinois du Grésivaudan » dont le « père savait le patois » et qui a « fréquenté des bergers du massif de Belledonne », confirme qu’il n’a que « rarement entendu évoquer l’arpitan ».

Le mot « francoprovençal » nommerait mal la langue.

Un intervenant quelque peu philosophe, pense que le terme « francoprovençal » nommerait mal la langue. Et « mal nommer les choses contribue au malheur du monde… »

Je laisse l’intervenant suivant répondre à cette critique  !…

– II : Les critiques favorables :

Le terme « francoprovençal » est reconnu par tous, ce n’est pas lui qui nomme mal la langue.

Un intervenant rappelle que le terme « francoprovençal » est reconnu par les lois, notamment la loi italienne, par les grandes institutions, par toutes les Universités…

Contrairement à ce que dit le détracteur précédent, c’est donc le mot « arpitan » qui nomme mal la langue et «  Si notre langue est mourante, il est plus urgent de la préserver que de vouloir changer son nom ».

Le mot « arpitan » pourrait avoir des connotations politiques.

Plusieurs intervenants mettent en garde contre les connotations politiques du mot « arpitan », surtout à ses origines. En effet, Joseph Harriet inventa ce mot dans les années 1980, pour sa Convention arpitane, d’inspiration maoïste, afin de lutter contre la bourgeoisie. Il ne poursuivait pas un but linguistique !…

Vouloir changer de nom serait un désastre pour une langue.

Un locuteur breton qui n’envisage pas de changer le nom de sa langue, nous met en garde : changer de nom, « ce serait un désastre pour une langue ».

De plus, il estime avec raison que se calquer sur l’« occitan », comme le fait le mot « arpitan », montre une faiblesse d’identité.

Conclusion

Le nombre et la variété de ces critiques, montre bien l’importance que chacun accorde à la nomination de notre langue. Le choix du nom n’est pas indifférent. Avoir un nom, c’est exister, c’est avoir une identité. On ne peut en avoir qu’un et l’on ne peut pas en changer arbitrairement sans disparaître.

Le terme « francoprovençal », comme tous les mots, a ses limites. En indiquant que notre langue est celle qui se situe géolinguistiquement, entre ses deux langues voisines, le français et le provençal, il donne une information claire et générale qui seule peut représenter l’ensemble de nos parlers et de nos écrits. Le francoprovençal est « une langue entre deux langues : le français et le provençal ».

 

Archive de tous les commentaires publiés entre mai 2016 et juin 2017.

(Vous pouvez retrouver tous les commentaires publiés entre mai 2016 et juin 2017, classés par ordre chronologique, dans le fichier .PDF d’archive ci-dessus).

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Le Francoprovençal : « une langue entre deux langues ».

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Langue maternelle et francoprovençal

  1. Félix

    Selon moi le terme francoprovençal cumule trois faiblesses :
    Il est obsolète, en effet provençal est l’ancien nom de l’occitan, avant de désigner le dialecte provençal de ce dernier, c’est dans cette idée que la langue a été nomée : à mi-chemin entre l’occitan et le français.
    Et c’est là selon moi la seconde faiblesse du terme : le francoprovençal/arpitan n’est pas un vulgaire mélange entre français et occitan (ça n’est pas vous qui me contredirez en ce point). On a l’impression en rencontrant ce nom d’avoir affaire à un concept d’hybride lingüistique.
    De plus le terme, par sa longueur me parait bien long pour désigner sa propre langue dans un contexte familier et s’y sentir attaché.

    Mais je pense qu’il serait surtout temps d’arrêter de se quereller pour des dénominations, et accepter l’une comme l’autre, histoire de garder un minimum d’unité dans une langue affaiblie.
    Bonne journée
    Félix

  2. Pierre Grasset

    Ce que je retiens surtout dans votre message c’est qu’il « est temps de cesser « de se quereller ». je suis bien d’accord, sauf que je ne me suis querellé avec personne. Ce n’est pas moi qui ait souhaité changer ce qui était reconnu et établi depuis plus de 150 ans.
    Pierre Grasset

  3. Loren Damé

    Boundzort a tou,
    Apré avér lesu lo diferen comentéro d’arì voille de m’arandjé-me darrére lo Piéro. I fét un momen que de penso que la recunussanhe d’una lenga per un età le vint pé solamen d’una volountâ poleutëcca qué que sisse lo noun empleyà;
    Arvé-se é tené-vo a l’erba!

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