Institut de la Langue Savoyarde

– le francoprovençal de Savoie –

Le Francoprovençal n’est pas l’Arpitan

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Le Francoprovençal n’est pas l’Arpitan

par Pierre Grasset

Dans son préambule, La charte de coopération interrégionale et transfrontalière de développement de la langue francoprovençale[1] signale que le francoprovençal « peut aussi avoir d’autres dénominations : arpitan, bressan, patois, savoyard… ».

C’est, en effet, le constat de ce que l’on entend dans le langage quotidien qui va au plus pratique, mais qui a peu de valeur objective et encore moins scientifique. Ces termes ne sont pas des équivalents du francoprovençal. Le mot « patois » ne désigne pas le francoprovençal. Il désigne toutes les langues et aucune, puisqu’il y a partout des patois. Surtout, le francoprovençal n’est pas un patois, mais une langue ! Personne ne pense que le « savoyard » représente l’ensemble du francoprovençal ! C’est la même chose pour le « bressan » et pour l’« arpitan » qui ne désignait que le parler des montagnards du Val d’Aoste.

Cependant, sur internet, plusieurs articles présentent le francoprovençal comme un équivalent de l’« arpitan » !

Or, le francoprovençal n’est pas l’arpitan !

Choix du mot « arpitan »

Sur Wikipédia, l’article intitulé : « Le francoprovençal », annonce : « Le francoprovençal ou arpitan… ». L’article suivant signale que le mot « arpitan » aurait été choisi « pour sa ressemblance avec le nom de la seconde grande langue gallo-romane, l’occitan… »[2] « … arguant que le terme francoprovençal prête à confusion.»[3].

Ce choix n’est-il pas paradoxal ? Le mot arpitan serait sensé éviter des confusions, or, choisir ce mot parce qu’il ressemble à un autre, n’est-ce pas déjà favoriser une confusion ? Les détracteurs des langues régionales auraient beau jeu d’énoncer : « occitan, arpitan, c’est la même chose, ce ne sont que les variantes d’une seule et même langue ! »

Sur le site Arpitania.eu, un article d’Alain Girard, nous rappelle que : « Le parrain du mot arpitan est le philologue espagnol Féderico Kutuig Sagredo… » qui voit dans les Basques « les survivants des agriculteurs néolithiques » et comme il soupçonne qu’il y en dans les Alpes, il se rend au Val d’Aoste où il rencontre Joseph Henriet, « un jeune maoïste qui veut mobiliser les paysans et ouvriers des vallées contre la bourgeoisie… ». « Vers 1980, Henriet (qui se fait appeler Harrieta, en basque) rêve d’une « Confédération arpitane » unissant Valdotains, Savoyards et Valaisans. Il en exclue les Vaudois… »

Ainsi, ce mot « arpitan », même à son origine, n’est pas du tout destiné à représenter l’ensemble du francoprovençal.

Une signification trop générale

D’après les articles de Wikipédia, « Le mot arpitan est un mot composé de arp, dérivé de : alp et du suffixe itan, sur le modèle de l’occitan. (Toujours la confusion avec l’occitan). Il signifie la langue de l’alp, étant entendu que l’alp est l’alpage. Il est donc aussi la « langue des montagnards, des bergers »[4].

Le paradoxe continue. De nos jours, plus personne ne sait ce qu’est la langue de l’alp, ni même de l’Alpe ou des montagnards. Alors, pourquoi en faire le symbole du francoprovençal ?

Des montagnards, il y en a partout dans les Alpes ! Leur langue, est-ce le français, l’allemand, l’italien, le francoprovençal, l’occitan ?… On ne peut pas savoir !

L’« arpitan » est donc un terme à la fois désuet et trop général, qui englobe trop de langues, qui les désigne toutes et aucunes, sans caractériser spécifiquement le francoprovençal. Loin de réduire les confusions, il en crée !

A contrario, on peut dire que dans les « langues des montagnards », il n’y en a qu’une – et une seule – qui caractérise la langue, c’est le francoprovençal !

L’« arpitan » ne caractérise pas l’ensemble du francoprovençal.

Par ailleurs, et c’est peut-être le point le plus important, le mot « arpitan » ne désigne pas l’ensemble des parlers francoprovençaux, c’est une évidence. Dans les patoisants du Forez, il y a sans doute des montagnards, mais ce ne sont pas des montagnards de l’arp ! N’y sont pas non plus, les patoisants de la Bresse, de l’Ain, des Dombes. N’y sont pas davantage tous ceux de Revermont, du Pays de Gex, du Bugey. Ceux de l’agglomération de Lyon, ne pensent pas parler une « langue de bergers ». Tous les patoisants de la Drôme francoprovençale, ceux de Saône et Loire, de la Franche-Comté fancoprovençale et même de la Montagne Bourbonnaise dans l’Allier, ne se sentent pas concernés par l’« arpitan ». Pas davantage ceux de Faeto dans les Pouilles, ni ceux de Di San Vito !

En Savoie et en Haute-Savoie, bien peu de patoisants ont le sentiment de parler une langue de bergers ou de montagnards. De nos jours, l’urbanisation s’étend jusqu’au fond des vallées alpines et il en est de même pour les cantons suisses, les vallées d’Aoste et du Piémont. La notion de « montagnards » n’est plus ce qu’elle était dans les alpages du Val d’Aoste, en 1970.

Un constat s’impose : personne ne parle l’« arpitan », ni en Savoie, ni ailleurs. La « langue arpitane » n’existe pas.

« L’absence du terme arpitan » confirmée par l’enquête Fora.

Le mot « arpitan » envahit internet sur plusieurs articles, qui d’ailleurs se répètent pour l’essentiel, mais il est très peu répandu dans la pratique. C’est ce que confirme James Costa, qui, lors du recensement de l’enquête Fora portant « sur plus de 1000 questionnaires en provenance de toutes les régions de Rhône-Alpes », déclare sur Wikipédia : « Nous avons été surpris de l’absence du terme « arpitan », absence d’autant plus remarquable que le terme est en concurrence sérieuse avec le francoprovençal sur internet… « arpitan », semble en usage principalement au sein de réseaux plus jeunes et plus militants. »[5].

Si ce mot est « absent » du langage des patoisants, ce n’est pas un hasard, puisque personne ne se reconnaît dans cette appellation.

Une convention linguistique

La langue francoprovençale ne peut pas être désignée par le terme d’un métier, celui de « berger » en l’occurrence, ni par un caractère géographique. Ce n’est pas la langue des montagnes, ni des plaines, ni des marais, ni des lacs. Le francoprovençal ne peut être désigné que par une convention d’ordre linguistique.

Cette convention existe. Elle existe depuis 1873. C’est « le francoprovençal » proposé par le linguiste Graziadio Isaia Ascoli.

Comme toute convention, elle est à la fois partiellement arbitraire et partiellement légitime, mais elle a le mérite d’exister, d’être la seule qui – faute de mieux – puisse convenir, celle qui est reconnue par le plus grand nombre et par les plus hautes institutions.

Le « francoprovençal » est la seule appellation à caractériser l’ensemble de la langue et de ses locuteurs. Laissons l’« arpitan » à l’« Arpitanie », et, comme le préconisait un inspecteur de l’Académie de Grenoble, gardons le francoprovençal en « Francoprovençalie », selon le terme consacré par le linguiste suédois Bengt Hasselrot.

Le terme « francoprovençal » a des références inaliénables.

  1. Le mot « francoprovençal » créé par Graziadio Isaia Ascoli, existe depuis 1873, ce qui lui donne une légitimité.

  2. Le Parlement européen l’a adopté depuis le 11 septembre 2013 en déclarant officiellement qu’il s’agit « d’œuvrer à sauvegarder et à développer le francoprovençal, patrimoine culturel et linguistique commun à nos territoire »[6].

  3. Les grammairiens et philologues de tous les pays se réfèrent à ce mot.

  4. « La langue francoprovençale fait partie des 2500 langues répertoriées au sein de l’Atlas UNESCO des langues en danger »[7].

  5. Le mot est adopté en Italie par la loi N°482-99 du 15 décembre 1999 sur la protection des minorités linguistiques. Elle énonce dans son article 2 : « La République protège la langue et la culture des populations …le francoprovençal, l’occitan, le sarde. »[8].

  6. En Suisse, La Confédération Suisse a signé la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, le 8 octobre 1953[9], laquelle ne mentionne que le terme « francoprovençal ».

  7. En France, le mot francoprovençal est reconnu par le Ministère de la Culture, par de nombreuses institutions officielles et par la grande majorité des municipalités.

  8. Il est reconnu par le Conseil régional Rhône-Alpes depuis le 9 juillet 2009, qui décide de : « Reconnaître, valoriser, promouvoir l’occitan et le francoprovençal, langues régionales de Rhône-Alpes. »

  9. Le francoprovençal fait l’unique objet de la Charte de coopération interrégionale et transfrontalière de développement de la langue francoprovençale, signée entre le Président de la Région Rhône-Alpes, M. Jean-Jack Queyranne et le Conseiller régional délégué de la Vallée d’Aoste, M. Joël Farcoz, assistés de M. Georges Communal, maire d’Arvillard en Savoie et de M. Marc Bron, maire d’Habère-Poche en Haute-Savoie.

  10. Le mot est adopté par de nombreuses associations culturelles françaises : « L’Institut de la langue savoyarde », « L’Association des Enseignants de Savoyard », « l’Association du Patrimoine Borain » et par beaucoup d’autres groupes patoisants. Il est l’objet de toutes les attentions du « Centre de la Culture Savoyarde » qui a élaboré « la Graphie de Conflans ». Il est reconnu par les fédérations de patois : « Lou Rbiolon », « la Fédération du francoprovençal »[10]. Il est reconnu et utilisé dans tout le Val d’Aoste, dans le Piémont francoprovençal, dans les Pouilles et en Suisse. Il est reconnu par toutes les Sociétés savantes de Savoie et en particulier par l’Académie de Savoie.

  11. Enfin et surtout, c’est au francoprovençal que se réfère l’immense majorité des patoisants.

Des stratégies ?

Ainsi, pour l’ensemble des grandes institutions, le terme « francoprovençal » est bien le seul représentatif de la langue. Les mots sont essentiels, surtout en matière de langue. Ils en disent long et derrière les mots, se cache souvent une stratégie bien réelle qui fait de cette querelle sur les appelations, autre chose qu’une simple question de mots, comme nous allons le voir.

Le terme « francoprovençal » susciterait des confusions, disent ses détracteurs, substituons-lui l’« arpitan ». Encore un paradoxe ! La confusion – si confusion il y a – ne provient pas tant du mot francoprovençal, que de la mauvaise foi ou de l’ignorance de ses opposants. Le changement du mot ne les changera pas.

Ceux qui essaient de promouvoir le mot « arpitan », ont une pensée affirmée : « substituer l’arpitan au francoprovençal »[11], et une stratégie organisée : « C’est donc dans l’idée de contribuer à assurer la pérennité de la langue arpitane, que l’ACA, mène des actions médiatiques en langue arpitane et promeut l’idée d’une graphie supradialectale. »[12]. Le but serait donc, avec le mot « arpitan », de promouvoir une graphie unique, la « graphie supradialectale ».

Ainsi, contrairement à ce qui est annoncé sur internet, cette graphie n’est pas une « graphie neutre ». Ceux qui la préconisent manifestent la volonté de la promouvoir comme la seule et unique.

Des excès injustifiables.

Cette volonté de substitution entraîne ceux qui la manifestent à des excès injustifiables. En tapant sur Google : La charte de la langue francoprovençale, eh bien, Médiapart ouvre, en premier, (comme toujours !), un fichier intitulé : Rhône-Alpes et la Vallée d’Aoste signent la charte de coopération interrégionale et transfrontalière de développement de la langue arpitane ! La charte n’est plus la même et la langue non plus ! Le titre officiel de la charte est changé !…

Dans la suite du fichier, on ne se prive pas de dénaturer la portée de cette charte : « Rhône-Alpes et le Val d’Aoste main dans la main pour la langue arpitane. », « L’arpitan (ou francoprovençal, à ne pas confondre avec le provençal) est une langue parlée en Italie, en Suisse… », « Cette charte a pour objectif… de faire vivre l’arpitan… », etc.

L’avènement de l’arpitan, semble une affaire faite : « Le mot arpitan est désormais entré dans le langage courant… Ce mot passe bien mieux sur internet que francoprovençal. La toile a joué un rôle-clé dans l’adoption du terme. Grâce au linguiste suisse Dominique Stich, le francoprovençal possède désormais une orthographe unifiée, un dictionnaire et même un album de Tintin en arpitan » !…

Le francoprovençal n’a pas « une orthographe unifiée ».

Contrairement à ce qui est annoncé sur internet, l’orthographe du francoprovençal n’est pas « unifiée » ! Il existe plusieurs orthographes soit savamment élaborées, soit spontanément utilisées par les auteurs. Actuellement et pour simplifier, deux orthographes principales peuvent être choisies. Celle qui est appelée : « la graphie de Conflans », établie par les linguistes du Centre de la Culture Savoyarde et la « graphie supradialectale » imaginée par le linguiste D. Stich.

Conclusion

Le terme « francoprovençal » est apparu comme le seul capable de représenter la langue originale et originelle de la Région Rhône-Alpes Auvergne, des cantons suisses concernés, du Val d’Aoste, d’une partie du Piémont, de Faeto et de Di San Vito. Substituer le mot « arpitan » au mot « francoprovençal » serait une absurdité qui ne pourrait que nuire à la langue et à son identité.

Cette langue n’a pas encore d’orthographe unifiée. Deux graphies principales se pratiquent à l’heure actuelle. Chacune a ses mérites. Chacune suppose un apprentissage. La « graphie de Conflans », de nature phonétique, est très facile d’accès, la « graphie supradialectale », de nature étymologique, est beaucoup plus complexe.

Une troisième graphie pourrait voir le jour, celle que préconise M. Jean-Baptiste Martin, dans sa méthode Assimil, qui est une « graphie supradialectale simplifiée ».

L’avenir dira si l’unification de l’orthographe pourra se réaliser.

Pierre Grasset                                                                                      Président de l’Institut de la Langue Savoyarde                                   mars 2016


Références :

[1] Google : « La charte de la langue francoprovençale ».

[2] Internet, article : Francoprovençal.com le site de l’arpitan en France

[3] Internet, article : Francoprovençal.com le site de l’arpitan en France

[4] Wikipédia : « le francoprovençal »

[5] Internet : le Francoprovençal. Minsitère de la Culture

[6] Google : la Charte de la langue francoprovençale

[7] Google : la Charte de la langue francoprovençale

[8] Google : la Charte de la langue francoprovençale

[9] Google : la Charte de la langue francoprovençale

[10] Internet : le francoprovençal. Ministère de la Culture

[11] Internet : Les Amis du francoprovençal en pays lyonnais

[12] Wikipédia : le francoprovençal

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37 Commentaires

  1. Gilbert Charbonnier

    J’essaye de diffuser le plus largement possible cet article auquel j’adhère entièrement

  2. Gilbert Charbonnier

    Ne serait il pas judicieux que Mr Pierre Grasset fasse supprimer les articles édités par les arpitans où il est présenté comme un auteur arpitan(se reporter à l’article du DL de 2013 quand il a été élu à l’Académie de Savoie)

  3. Medjé

    Effectivement, le terme francoprovençal prête à confusion, car on a l’impression qu’il s’agit d’un mélange de français et de provençal et non d’une langue à soi. Donc, c’est vrai, bien venue le terme arpitan qui a le mérite de rassembler tout le monde.

  4. Medjé

    Les commentaires n’apparaissent pas?

  5. Institut du Savoyard

    Bonjour, les commentaires apparaissent bien, mais après avoir été approuvés… Aucune censure, il s’agit simplement d’une mesure visant à éviter les spams !
    Merci de vos commentaires et à bientôt !

  6. A. Dupraz

    Bonjour, Arpitan sonne bien et est très pratique, le contraire du mot-valise francoprovencal créé de toute pièce par Ascoli.
    Je trouve le point de vue de M. Grasset extrême et intolérant.

  7. Alen Favro

    Le mot arpitan vient de l’intérieur de la communauté linguistique. Le mot francoprovençal est un « nom de travail » inventé par un scientifique qui n’avait pas de terme à sa disposition, mais aujourd’hui il n’est plus utilisable décemment, par la confusion qu’il crée et le fait que « provençal » ne signifie plus « occitan ». Ou alors on peut imaginer que le terme n’ait plus de véritable signification étymologique , dans ce cas, plutôt que de continuer à brouiller les cartes, autant prendre autre chose, de moins long par exemple. Et pourquoi pas arpitan, aujourd’hui nettement dominant dans la recherche sur internet (statistiques Google), ce qui montre que beaucoup y pensent spontanément. Il est d’ailleurs plus facile d’habiter en Arpitanie qu’en… Francoprovençalie. Même si le ridicule n’a (presque) jamais tué.
    A noter enfin que le mot arpitan se prononce très facilement dans beaucoup de langues, on ne peut pas en dire autant de son « concurrent », plutôt désastreux à cet égard. Soyons enfin pragmatiques. Mal nommer les choses, c’est contribuer au malheur du monde et, avec francoprovençal, nous étions servis. Trouvons alors le bonheur dans notre pré, en apprenant à jouer de notre arp…

  8. Pierre Grasset

    Réponse aux commentaires

    A Alen Favro

    Cher Monsieur, je ne vous connais pas, mais nous pouvons cependant échanger.

    Vous nous dites que le mot « arpitan vient de l’intérieur de la communauté linguistique ». Pourriez-vous nous donner des précisions sur cette « intérieurité » de la communauté et nous illustrer les origines du mot ?

    Le Francoprovençal serait un « nom de travail ». Et alors ?

    Le francoprovençal créerait des confusions, l’arpitan aussi !

    « Le provençal ne signifie plus occitan »… il reste le provençal !

    « Arpitan serait nettement dominant dans la recherche sur internet ». Nettement dominant, n’exagérons pas ! Les articles proviennent presque tous de la même source. Et par ailleurs, pouvez-vous nous donner les références de cette
    « recherche » ? Sur internet, j’ai trouvé beaucoup d’articles assez mensongers, mais… pas beaucoup de recherche !…

    « Il serait plus facile d’habiter en « Arpitanie » qu’en Francoprovençalie ». C’est bien subjectif et ce ne sont que des mots !

    « Mal nommer les choses, c’est contribuer au malheur du monde ». Belle formule ! Le malheur c’est qu’on ne sait jamais qui nomme bien ou qui nomme mal !!

    « Apprenons à jouer de notre arp… » Le jeu de mots est joli, mais ce n’est qu’un jeu de mots …

    Finalement, est-ce que vous n’avez pas un peu trop tendance à vous payer de mots ?

    A Gilbert Charbonnier
    Je suis heureux que mon article vous ait plu. Merci d’en faire, comme vous le dites, une large diffusion.

    A Medjé
    Le FP crée des confusions. Ok. L’arpitan aussi !

    « L’arpitan a le mérite de rassembler tout le monde ». Vous plaisantez ! Il ne représente presque personne !

    A A. Dupraz
    Le Francoprovençal serait un « mot-valise ». Tous les mots sont plus ou moins des mots-valise. Dans l’arpitan on peut mettre ce que l’on veut aussi !

    Pouvez-vous me dire en quoi mon article vous paraît
    « intolérant » ?

    A tous, un merci très cordial.
    Pierre Grasset

  9. Dov

    J’ai trouvé un jour, à la bibliothèque universitaire de Grenoble, un livre sur le « Francoprovençal » dans la section « Provençal (dialecte occitan) ». Et ça, c’était chez des universitaires, dans le fief de Gaston Tuaillon. Alors vous imaginez un simple citoyen, qui ne connait rien à cette langue, mais qui s’y intéresse ? « Francoprovençal » comme appellation est malheureuse, tout le monde le reconnait, mais alors, pourquoi refusez-vous la seule alternative crédible ?

  10. Dyan

    Cet article est un condensé de mauvaise foi et manque cruellement rigueur!
    C’est un parti pris: pourquoi pas! Mais l’arpitan/francoprovençal, quel que soit son nom, est mourant et il n’a pas besoin de ce genre de querelles. M. Grasset, n’avez vous donc rien de mieux à faire?

  11. Giettois

    Je suis plus ou moins d’accord avec ce manifeste contre l’arpitan. Je vais néanmoins m’exprimer sur certains points (pour / contre).
    1 – Il est vrai qu’il a une forte connotation politique à travers le mot arpitan (Henriette…) dès ses origines, qui ne plaît pas à tous.
    2 -La volonté arpitaniste a tendance elle à vouloir une évolution de la langue, une cassure avec la vision traditionnelle (une culture commune, l’arpitan, un pays commun, l’arpitanie ; une langue unitaire, l’arpitan ; 170 000 personnes parlant cette langue… C’est un peu trop onirique) – je vis actuellement en Bretagne, et je peux affirmer que vouloir tout changer comme ça ne peut créer qu’une césure entre néo-locuteurs et patoisants, un désastre pur une langue, et cette menace pèse désormais sur le FRP…).
    3 – Et surtout, revendiquer l’origine du nom comme un calque sur l’Occitan, c’est la aussi créer la même confusion qui fait débat avec le FRP, ET par dessus tout, montrer une FAIBLESSE D’IDENTITÉ en calquant son nom sur celle d’une autre langue…
    4 – Les arpitanistes sont le plus souvent décalés par rapport à la réalité en affirmant que seul la prononciation change.
    5 – Je suis néanmoins d’accord pour dire que francorpovençal occulte les caractéristiques propres au profit d’une transition OC/OÏL.
    CONCLUSION : Je pense donc que ni l’un ni l’autre n’est judicieux, l’un pour côté irréel – tenant plus du rêve que de la réalité -, l’autre pour sa dénomination confuse. Il reste le terme ROMAND, peu être le plus réaliste… Tinke a pwét, ar’vi (la graphie, un autre problème.)

  12. Pierre Grasset

    Réponse II aux commentaires,

    Bonjour à tous et merci d’être intervenus sur notre site.

    Réponse à Dov :

    J’explique dans l’article toutes les raisons qui me poussent à préférer le terme « francoprovençal » au terme « arpitan ».

    Réponse à Dyan :

    Pourriez-vous préciser en quoi je serais de « mauvaise foi » et en quoi je manquerais « cruellement de rigueur » ?
    Je ne cherche aucune « querelle ». Ce n’est pas moi qui ai envie de changer le nom de notre langue. Je ne veux que défendre le francoprovençal et il se pourrait bien que je n’aie « rien de mieux à faire », en effet.

    Réponse à Giettois :

    Je partage la plupart de vos avis. Quelques petites nuances cependant… qui mériteraient un long commentaire.
    Vous parlez de mon « manifeste contre l’arpitan ». C’est beaucoup dire. Je n’ai rien contre l’arpitan (s’il existe !). Je m’oppose seulement à « l’arpitan impérialiste » qui n’est que l’affaire de quelques-uns dont le projet serait la substitution de ce terme au francoprovençal.

    Vous dites également que la « volonté arpitaniste a tendance à vouloir une évolution de la langue… l’arpitan (serait) une langue unitaire… ». A mon avis, les « arpitanistes » ne font rien de semblable. Ils n’ont en rien fait évoluer la langue. Quant à être une « langue unitaire », l’arpitan en est loin. De qui ou de quoi fait-il l’unité ?

    Sinon je partage vos avis. J’ai moi-même des amis bretons qui me disent les mêmes choses que vous. Ce serait un « désastre » de changer de nom. « calquer » son nom sur l’occitan est évidemment une « faiblesse d’identité ». Et le mot arpitan a en effet une forte connotation politique au moins à son départ.

    A de prochains échanges fructueux pour notre langue. Merci.
    Pierre Grasset

  13. Marin

    Bonjour à tous,

    Il y a eu un mot il y a bientôt 50 ans qui a eu une connotation politique, un mouvement du val d’Aoste, situé politiquement à gauche: il s’écrivait harpitan avec un H.

    Voici ce qu’en dit Christianne Dunoyer, directrice du Centre d’études francoprovençales:

    « Il n’y a pas eu une filiation directe, il n’y a pas eu d’institutions ou des personnes qui aient revendiqué cet héritage d’une manière consciente et officielle. Mais il est certain que cela a contribué à faire évoluer les conscience et à faire en sorte que certaines idées progressent. Il y a par exemple une homonymie entre Harpitanya d’il y a quarante ans et un mouvement éminemment culturel qui existe de nos jours. Il rassemble des jeunes gens de Suisse, de Savoie, du Lyonnais, etc. et qui communiquent surtout par le biais des nouvelles technologies et ils portent de l’avant un projet culturel commun. »

    Rien de négatif, donc.

    Il n’y a pas que l’alliance culturelle arpitane, fédération transfrontalière fondée en 2004, qui utilise le mot « arpitan » comme synonyme de « francoprovençal ». De la Loire au Piémont et de Fribourg en Isère, nombreux sont ceux qui l’ont adopté pour leur langue, qu’ils l’écrivent en phonétique ou dans l’une ou l’autre orthographe: cela n’a rien à voir avec le nom de l’idiome.

    Que vous n’utilisiez pas le même nom est une chose, mais respecter le choix des personnes pour qualifier leur langue serait bienvenue. La langue a plusieurs noms: savoyard, savoisien, romand, arpitan, francoprovençal… Voire également: arpitan savoyard, arpitan de Savièse, arpitan de Bonneval, etc. Quel est le problème?

    Enfin, pour répondre à Giettois au sujet de l’Arpitanie et sa culture commune: c’est quelque chose que partage M. Pierre Grasset, puisque lui-même utilise l’étrange nom de « Franco-Provençalie »…

  14. Pierre Grasset

    Réponse III au commentaire de M. Marin :

    Monsieur, merci de vous préoccuper du sort de notre langue.

    Vous dites que « l’harpitan » était « un mouvement du Val d’Aoste.
    Très bien, puisqu’il s’agit de Val D’Aoste. Mais pourquoi vouloir désigner tout le fancoprovençal par ce nom ?

    Christiane Dunoyer, que je connais bien, constate que l’arpitan concerne surtout « des jeunes qui communiquent entre eux par le biais de nouvelles technologies… » Grand bien leur fasse.
    Une amie me disait : « être connu sur internet, c’est comme être riche au monopoly ! »… Ils devraient faire attention !

    Vous me dites de « respecter le choix des personnes pour qualifier leur langue ». Il ne s’agit pas de leur langue. La langue ne leur appartient pas. Elle n’appartient à personne et relève de l’histoire d’un peuple. On ne peut pas changer son nom selon l’humeur. Je respecte les choix que les gens font, mais ce n’est pas pour ça que je les adopte, surtout s’ils ne sont pas justifiés.

    Vous dites « une langue a plusieurs noms » et vous en énumérez 5 ou 6 pour la même langue, en finissant par : « Quel est le problème ? » Le problème c’est qu’il n’y a plus de sens. Si vous vous appelez de 36 noms, vous n’avez plus d’identité ! C’est pareil pour une langue.

    Au plaisir de vous lire. Cordialement, P. Grasset

  15. Marin

    Réponse à Pierre Grasset: « Le problème c’est qu’il n’y a plus de sens. Si vous vous appelez de 36 noms, vous n’avez plus d’identité ! », dites-vous. Et donc vous préférez appeler notre langue par le nom de deux langues voisines: « Franco-Provençal »… Ce qui n’a ni sens, ni identité, puisque notre langue ne relève ni du français ni du provençal.

    « La langue relève le l’histoire d’un peuple ». Effectivement, l’histoire jugera, et c’est, j’en suis sûr, l’appellation « arpitan » – qui est la moins pire ou la meilleure, c’est selon – qui restera.

    Cordialement

  16. Horace-Bénédict 73

    Alen Favro dit que « mal nommer les choses, c’est contribuer au malheur du monde […] », mais, en l’occurrence, le nom officiel de la langue est « le francoprovençal » (cf. sources citées dans l’article) – ou en italien « il franco-provenzale » (cf. la loi n° 482 du 15 décembre 1999 de la République italienne) – pas « l’arpitan ». Comme le nom « francoprovençal » est utilisé par les administrations et par les universités, il sera – en tout cas à moyen terme – toujours le nom officiel. De facto, c’est donc le mot « arpitan » qui nomme mal la langue.
    Pour paraphraser Dov, le « simple citoyen » (comme si celui-ci ne pouvait avoir l’intelligence de se renseigner !) risque d’être perdu en ayant deux noms à sa disposition. Le mot « arpitan » ne peut donc qu’accentuer les confusions. Et comme « le francoprovençal […] est mourant » [Dyan], il est sans doute plus urgent de le préserver que de vouloir changer son nom.
    Je suis donc d’accord avec la conclusion de M. Pierre Grasset.
    Cordialement à tous,

    H.-B. 73

  17. Pierre Grasset

    Réponse IV aux commentaires

    Réponse II de P. Grasset à M. Marin,
    Vous abordez la difficulté essentielle, celle de la dénomination de notre langue. Aucun nom ne la caractérise d’une façon parfaite. Le mot francoprovençal n’est pas la perfection mais il n’a pas non plus la signification que vous lui donnez. C’est une convention qui ne caractérise pas notre langue par le nom de deux langues voisines, mais au contraire, signifie que la langue n’est ni le français ni le provençal. Il suffit de le savoir.
    Définir notre langue par ce qu’elle n’est pas, c’est la manière la plus intelligente qui ait été trouvée. Toutes les définitions qui veulent lui donner une caractéristique : savoyard, savoisien, burgondien, arpitan… sont nulles.
    Vous faites appel au jugement de l’histoire, vous avez raison. N’oubliez-vous pas que le mot francoprovençal date de 1873 ? L’histoire a donc déjà jugé !!
    Cordialement.

    Réponse de P. Grasset à Horace-Bénédict 73,
    Bien à vous Horace-Bénédict. Je vous remercie de votre commentaire plein de bon sens et qui est un vrai soutien pour notre langue.
    Au plaisir de vous lire encore.
    P. Grasset

  18. Marin

    « Franco-Provençal », une dénomination malheureuse (extrait d’une audition publique au Parlement européen, Strasbourg, 18 novembre 1999. Par Marc Bron, président de l’Association des Enseignants de Savoyard):

    Situation et besoin du savoyard

    1- situation géographique et dénomination de la langue

    «La langue savoyarde s’étend sur les deux départements savoyards, mais aussi sur les départements voisins, sur une partie de la Suisse et de l’Italie. Toutes ces régions ont fait partie du Duché de Savoie, ou étaient limitrophes. Notre langue est millénaire. On en trouve des traces écrites depuis le treizième siècle.

    Sa dénomination a varié: sabaudice en latin (la Savoie s’appelait Sabaudia), savoyard, savoisien ou encore savoyen. Dans les milieux universitaires, elle a aussi été reconnue sous le vocable de franco-provençal, dénomination due au linguiste Ascoli en 1873. Mais cette dénomination est malheureuse, car elle laisse un parfum d’inachevé, d’amalgame entre oc et oïl, alors qu’elle n’est ni d’oc, ni d’oïl. Que dirait-on si l’on avait appelé l’occitan le franco-espagnol, le franco-italien ou le franco-corse? Cela n’aurait manifestement pas été sérieux. Cela ne l’est pas d’avantage concernant le savoyard.»

    Source: http://francoprovencal.org/situation-besoin-arpitan-marc-bron/

  19. Pierre Grasset

    Dernier échange avec M. Marin

    Monsieur, Nous avons échangé nos arguments. Je vous signale simplement que les exemples que vous donnez : « franco-espagnol, franco-corse… », n’ont rien à voir avec le francoprovençal. Mais, je vous propose d’en rester là. Je n’ai pas la prétention de vous convaincre à tout prix. Gardons chacun notre opinion… jusqu’à plus ample informé.
    Merci d’avoir participé aimablement à ces échanges de points de vue.
    Pierre Grasset

  20. Marin

    Et que chacun ait son opinion n’empêche pas d’être ouvert et tolérant. Enfin c’est mon point de vue et j’espère que vous le partagez également!

    Je ne pourrais personnellement pas vous rejoindre à la Fête des patois de St Etienne, mais j’espère que ce sera encore l’occasion d’échanger, de danser, de chanter et d’apprendre pour les plus jeunes. http://arpitan.com/patois2016

    A bastou!

  21. PUCERAIN

    Je ne suis pas originaire de cette région et je ne connais d’elle que le bonheur d’y vivre et de le partager avec ses habitants, originaires d’ici ou d’ailleurs…
    J’ai simplement la faiblesse de souhaiter que tous ceux qui qui s’expriment fermement pour défendre une langue qui se meurt ont la même fougue pour lutter contre une langue tueuse qu’est l’Anglais, pour résister au nivellement par le bas du Français, et pour que nos jeunes enfants quittant l’Ecole Primaire sachent lire et écrire correctement.
    Suis-je en train de rêver…..?

  22. Pierre Grasset

    M. Pucerain
    Merci de votre message et de l’intérêt que vous portez aux langues de France…y compris le français. Vous avez raison, notre langue nationale est menacée aussi. L’anglais ne l’est peut-être pas moins, car en s’étendant comme il le fait, il se déforme et s’abâtardit. Cependant notre français se porterait sans doute mieux s’il reconnaissait toutes les langues de France. Nous ne lui faisons pas concurrence, nous formons, avec les autres langues régionales, le socle sur lequel il devrait s’appuyer. Malheureusement, il ne le comprend toujours pas !
    Bien à vous.
    Pierre Grasset

  23. DEMOMENT Paul

    Je suis assez de votre avis K’ACA a t elle des affinités plus « politiques ». Objectifs des récentes journées de St Etienne auxqueles j’ai assisté le samedi a.m. restant sur ma faim ?

  24. Tex

    Bonjour,

    Il y a un compte-rendu de la fête 2016 ici: http://francoprovencal.org/fete-2016/

    L’ACA (pour Alliance culturelle arpitane), est une association et fédération transfrontalière, politiquement neutre et confessionnellement indépendante, qui a été a été fondée à Lausanne en 2004.

    Elle se donne pour buts la documentation, la socialisation et la revitalisation de l’arpitan (également connue sous le nom de « francoprovençal« ) dans l’ensemble de son aire de diffusion (France, Italie et Suisse).

    A r’vi

  25. A M. Pierre Grasset : Donner à une langue le (double)nom de ce qu’elle n’est pas me semble tout sauf intelligent. D’ailleurs nommer n’importe quoi par ce qu’il n’est pas rendrait le langage incompréhensible. A part cela, je trouve les arguments de M. Grasset pertinents, mais ceux des partisans de l’arpitan également. Donc les deux termes sont mal choisis. A mon avis, arpitan est tout-de-même plus simple et plus pratique. J’habite Genève et il y des années que je me demande ce que fait la Provence là-dedans. J’ai enfin compris l’origine historique du terme, mais je la déplore.
    Merci pour ce débat !

  26. Pierre Grasset

    Réponse à M. Rouget

    – Votre texte m’a beaucoup intéressé. Mas, si vous considérez que « donner à une langue le double nom de ce qu’elle n’est pas » n’est pas intelligent, lui donner le nom d’une langue qui n’existe pas, ne l’est pas non plus. Je suis bien de votre avis : « nommer n’importe quoi par ce qu’il n’est pas, rendrait le langage incompréhensible. » Aussi ne s’agit-il pas de « nommer n’importe quoi » !
    – Vous abordez bien la difficulté réelle de nommer notre langue. C’est une langue exceptionnelle. Gaston Tuaillon pensait même que le francoprovençal n’existait pas ! Mais si on ne l’appelle pas francoprovençal, il est impossible de la désigner.
    – Je suis content que mes arguments vous paraissent pertinents. J’aimerais bien connaître ceux de l’arpitan qui vous paraissent également pertinents… Quant à moi, je n’en trouve pas beaucoup !
    – « Les deux termes sont mal choisis ». Je suis assez de votre avis. Mais pour le FP, on n’en trouve pas de meilleur, donc il devient bon. Quant à l’arpitan, il me paraît pour le moins inutile.
    – En vous demandant ce que « fait la Provence » dans notre nom, vous pourriez tout aussi bien vous demander ce que fait la France. Ni l’une ni l’autre n’y ont leur place.
    – Tant mieux que vous ayez compris l’origine du terme fancoprovençal. Je comprends que vous la déploriez. Le malheur (ou finalement, le bonheur!) est que l’on n’en trouve pas d’autre !
    – Merci de vous intéresser à notre langue. J’espère que vous dépasserez les difficultés que vous évoquez et surtout que vous ne vous laisserez pas « dévoyer » pour le terme d’arpitan qui est sans fondement.
    Bien à vous.
    Pierre

  27. Franco P.

    Cette langue a été nommée pour la première fois « savoisien » par Nicolas Martin, en 1555, comme l’avait rappelé le président des enseignants de savoyard Marc Bron. Celui-ci dit:

    «La dénomination « francoprovençal » est malheureuse, car elle laisse un parfum d’inachevé, d’amalgame entre oc et oïl, alors qu’elle n’est ni d’oc, ni d’oïl. Que dirait-on si l’on avait appelé l’occitan le franco-espagnol, le franco-italien ou le franco-corse? Cela n’aurait manifestement pas été sérieux. Cela ne l’est pas d’avantage concernant le savoyard.»

    Je rejoins Alain Rouget: arpitan est plus simple!

    Par contre, comme il est dit dans l’article ci-dessous: attention à la division dans une communauté linguistique déjà extrêmement fragile!

    http://francoprovencal.org/debat-nom-langue-arpitan-patois-savoyard-savoisien/

  28. Pierre Grasset

    Réponse à M. Franco P.
    Vous nous rappelez que N. Martin appelait notre langue « savoisien ». Ce mot a pris , depuis 1555, une connotation tellement différente de nos jours, qu’il ne peut plus convenir.
    Francoprovençal ne semble pas plaire à M. Bron car il serait « entre oc et oïl » . C’est bien là qu’il est ! Car, dit-il, il n’est « ni d’oc, ni d’oïl ». Exact. C’est pour ça qu’il est « entre ».
    Le comparer avec « franco-espagnol » ou « franco-italien », n’a aucun sens. Ce sont deux mots avec un trait d’union, indiquant que l’on serait à la fois des deux langues affirmées. Nous n’avons qu’un seul mot et ne participons d’aucune des deux langues.
    Le mot Francoprovençal n’est sans doute pas parfait, j’en conviens volontiers, mais c’est celui qui nous désigne le mieux et qui est reconnu dans le monde entier depuis plus de 150 ans. Si vous en trouvez un autre, nous sommes tous prêts à l’examiner.
    Arpitan est plus simple, dites-vous. C’est exact, mais il est faux. Or pour désigner une langue la simplicité ne suffit pas !
    Quant à l’article auquel vous faites allusion, je ne lui ai pas fait de réponse. Il parle assez peu de la langue et m’adresse, à moi, beaucoup de critiques, erronées ou mensongères. C’est sans intérêt. Ce n’est pas de moi dont il s’agit. L’auteur d’ailleurs, n’a pas même eu le courage de signer son article !
    Merci de votre message.
    Avec mes meilleurs vœux.
    Pierre Grasset

  29. Franco P.

    Cher Monsieur Grasset,

    Lorsqu’on lance un débat, où l’on pose son opinion sans concessions, on doit s’attendre à une discussion houleuse, ne croyez-vous pas?

    Et pour le coup, j’ai trouvé l’article publié sur francoprovencal.org très conciliant concernant les termes savoyard / savoisien / patois / francoprovençal / arpitan.

    Dans le cas de notre langue, mourante, j’estime que c’est un problème que de diviser la petite communauté linguistique par une attitude intransigeante. Dommage pour l’image de l’Institut de la Langue *Savoyarde*!

    Avec mes meilleurs vœux également, que 2017 se place sous le signe de la tolérance!

    Vive l’arpitan, vive le francoprovençal: c’est la même langue!

  30. pelloux

    Nous sommes dauphinois du Graisivaudan, mon père savait le patois, j’ai fréquenté des bergers du massif de Belledonne et je n’ai que rarement entendu évoquer l' »arpitan »; c’est un vocable à tendance politico-contestataire pour promouvoir un schisme indépendantiste.

  31. pierre pelloux

    Ma famille maternelle est matheysine (LA Mure en Isère), paternelle du Graisivaudan, depuis la nuit des temps (généalogie depuis la dernière Croisade), mon père savait le patois franco-provencal, j’ai passé mes vacances avec des bergers du massif de Belledonne: je connais le mot « arpitan » mais je ne l’ai jamais entendu évoquer par les gens du cru !
    C’est un vocable politico-contestataire pour promouvoir un schisme indépendantiste …

  32. Clerc

    Ce n’est pas parce qu’il y a des indépendantistes bretons que le mot breton sert à promouvoir un schisme indépendantiste plus qu’une langue ou des habitants d’une région…

    C’est pareil pour le mot arpitan, dont la principale association de sauvegarde et de promotion linguistique, la Fédération internationale de l’arpitan / francoprovençal, n’a aucune vocation politique ou indépendantiste.

    Par ailleurs quand M. Grasset dit qu’il faut « garder le francoprovençal en Francoprovençalie », on peut se poser des questions…

  33. Pierre Grasset

    Réponse à M. Clerc,
    Il n’est pas toujours facile de bien se comprendre par écrit… (à l’oral non plus !).
    Le « schisme indépendantiste » dont parle M. Pelloux, n’est qu’un schisme littéraire. L’arpitan voulant de distinguer du francoprovençal !
    J’aimerais bien connaître les questions que vous pose mon expression : « le francoprovençal reste en Francoprovençalie ».
    Merci et à bientôt, j’espère.
    Pierre Grasset

  34. Clerc

    L’arpitan est le francoprovençal, et inversement: il est utilisé comme synonyme. Il est très facile de le vérifier…

    Monsieur Grasset, vous avez une opinion, vous la défendez et c’est là bien votre droit. Mais dire des contre vérités pour justifier votre parti-pris, ce n’est pas très sérieux.

    Je vous souhaite une belle fin de journée dans votre pays « la Francoprovençalie »!

  35. Pierre Grasset

    Deuxième et dernière réponse à M. Clerc
    Monsieur, je ne peux vous faire de réponse car vos propos sont des affirmations sans argumentation.
    Restons en donc là.
    Bonne journée.
    P. Grasset

  36. Clerc

    C’est dommage que vous ne souhaitiez pas répondre.
    Personnellement, je ne vois pas en quoi l’usage de différents synonymes pose problème. J’utilise l’un ou l’autre sans problème.
    Par ailleurs, en faisant des recherche sur la question, j’ai pu constater que la Région Auvergne-Rhône-Alpes subventionne la Fédération Internationale de l’Arpitan (voir http://www.arpitan.com ) pour l’édition de livres ou l’organisation de la fête de l’arpitan à Saint-Etienne. (voir http://francoprovencal.org/fete-2016/ ), donc les deux vocables sont connus et utilisés sans problème.
    C’est faire beaucoup de bruit pour rien votre débat.

  37. Pierre Grasset

    M. Clerc,
    Je ne réponds pas quand il n’y a pas d’arguments sur quoi fonder une discussion.
    Vous me dites que l’usage de « différents synonymes » ne pose pas de problème. Mais il ne s’agit pas de cela. Serait-ce anodin qu’on vous appelle Clerc, ou Trump, ou Hercule, ou Trafalgar ?
    Portez-vous bien quand même.

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