Les linguistes et patoisants établissent la Graphie de Conflans pour le Savoyard. Elle est présentée pour la première fois par l’abbé Hudry en 1983, dans le n°135 des Cahiers du vieux Conflans. Pour élaborer cette graphie, de nombreuses réunions ont été nécessaires pour le Groupe de Conflans (qui deviendra le Centre de la Culture Savoyarde), en présence de professeurs de l’Université de Grenoble, Christian Abry et Gaston Tuaillon. Ce système d’écriture a été appelé « Graphie de Conflans » parce que la quasi-totalité de ces réunions se sont tenues à Conflans, un village près d’Albertville.

La Graphie de Conflans est une graphie de type semi-phonétique qui a pris le parti de transcrire le plus rigoureusement possible la réalité phonétique et phonologique des différents patois savoyards. Ainsi, cette graphie a été présentée pour se substituer à l’Alphabet Phonétique International (API), norme jugée trop compliquée pour les patoisants.

Cette graphie repose sur des principes simples : on se sert des conventions graphiques de la langue française. Autre principe : on écrit tous les sons qu’on prononce et on n’écrit que ce qui est prononcé. Troisième principe général : L’accent sur l’avant-dernière syllabe du mot (la voyelle de la syllabe tonique) est soulignée, quand l’accent ne porte pas sur la syllabe finale (comme en français).

Cette écriture a permis à chacun (sans avoir besoin d’être alphabétisé en savoyard) de rédiger des textes, d’établir des glossaires/dictionnaires et de participer à des questionnaires dialectologiques (le cas emblématique est la collecte effectuée selon le questionnaire de Gaston Tuaillon qui consignait des listes de mots et de phrases à traduire et à transcrire en graphie de Conflans, puis à rendre au dialectologue). Ces textes sauvent de l’oubli une littérature populaire orale qui vient du fond des âges; la graphie de Conflans était considérée par les dialectologues comme un outil « pour transmettre toutes les dernières informations des derniers patoisants avant que la langue ne meure »

Des critiques de cette graphie existent aussi. Bien que cette graphie soit très utile pour transmettre une prononciation, elle n’aurait pas pris en compte les écritures historiques et traditionnelles et ne semblerait pas (totalement) répondre aux besoins culturels, sociaux, éducatifs et politiques. Une orthographe globalisante existe pour répondre à cette demande.

Tout comme l’API, la graphie de Conflans est beaucoup utilisée pour décrire (à une personne francophone) comment un mot se prononce. De nombreux groupes de patoisants ont grandi dans les années 1980 et 1990 avec cette graphie et y sont attachés. L’Institut de la Langue Savoyarde propose à chacun la possibilité d’écrire dans le système d’écriture qui lui convient.

→ Pour en savoir plus :  Les graphies